Curtis, 17 ans, est décédé vendredi à Antony suite à une collision dans la fuite en quad d’un contrôle de police. Des proches et habitants de son quartier de Place de France à Massy sont venus soutenir la famille endeuillée du jeune garçon.

Un regroupement sous tension au lendemain d’émeutes dans le quartier et d’une version contradictoire des faits incriminant les forces de l’ordre, relayée sur internet.

L’information est tombée samedi matin : Curtis, jeune homme de 17 ans originaire de Massy, est mort des suites de ses blessures après avoir percuté un véhicule en fuyant en quad un contrôle de police. Des heurts ont rapidement éclaté dans son quartier, et la version officielle est contredite par une autre diffusée sur les réseaux sociaux : le jeune homme aurait été percuté par un voiture de la BAC (Brigade anti criminalité). Des tweets circulent, des posts Facebook, mais les témoins directs sont absents.

Sur place, samedi, un jeune évoque avec certitude cette version : « Une voiture banalisée de la BAC est venue le taper par l’arrière, ce qui l’a fait s’écraser contre le bus ». Mais lui non plus n’a pas assisté à la scène. Une jeune femme se trouvant dans le bus est formelle : « Il n’y avait pas de voiture de police dans la collision, le jeune a percuté le bus avec son quad ». Les vitres du bus ont éclaté sous l’impact. Encore sous le choc, elle se dit énervée de ce qu’elle a pu lire sur internet : « Ces personnes parlent alors qu’elles n’étaient même pas là ».

Au pied de l’immeuble de Curtis à 20h, des proches sont rassemblés en sa mémoire et en soutien à sa famille. Un recueillement qui se déroule dans la retenue et le silence jusqu’au passage de deux camions de police. « Ne les calculez pas » conseillent les aînés, mais ce qui est vécu comme une provocation déclenche la colère de certains qui s’approchent des véhicules. Les policiers sortent, lourdement équipés, un flashball est braqué sur la foule. Des cris se font entendre, et une question résonne : « Pourquoi sont-ils là ? »

Le Maire de la ville, également sur place, écarte les forces de l’ordre qui se déportent aux alentours. Le quartier est quadrillé. Un hélicoptère survole la cité. Le père de Curtis, Claude R. prend la parole « Par respect pour mon fils, par respect pour moi, rentrez chez vous dans le calme et retrouvons-nous demain à 15h ». Malgré la tension, il est écouté avec attention. « La violence ne résout rien. Et rien ne fera revenir Curtis. Maintenant il faut avancer ». L’homme est touché du nombre de personnes mobilisées, mais redoute que les heurts qui ont éclaté la veille ne se reproduisent.

Entouré d’autres membres de la famille et habitants du quartier, il tente de faire respecter le calme. Encore sous le choc, Claude R. attend le résultat de l’enquête ouverte le jour même. Il ne sait pas comment son fils s’est procuré le quad avec lequel il roulait. Sur son téléphone, il montre des photos de la scène : le bus, aux vitres brisées. A quelques mètres, l’engin endommagé sur lequel roulait Curtis sans casque. Emu, il présente une photo de son fils avant le drame. En costume, tout sourire, un jeune homme de 17 ans « qui avait tout pour lui » des mots de son voisin qui l’a vu grandir. Lui aussi veut empêcher de nouvelles émeutes. Il court vers un groupe de jeunes qui part déterminé au rythme de détonations de pétards. Des feux d’artifices exploseront quelques mètres plus loin, sous les yeux des riverains, rassemblés sur les balcons avant d’être repoussés par les effluves de lacrymo lancés sur les jeunes par la police.

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3 Replies to “Décès du jeune Curtis : Que s’est-il passé à Antony ?

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