À l’approche des deux mois de la mort de Yacine, décédé dans des circonstances troubles à Aulnay sous-bois, la famille du jeune homme organisait un rassemblement Place Vendôme, à proximité du ministère de la justice. Un lieu symbolique pour appuyer leur requête : obtenir une « véritable enquête ».

Sur les visages de la famille du défunt, la fatigue se fait sentir. Mais aussi la détermination, Sous la pluie et la grêle, des Aulnaysiens ont fait le déplacement dans ce quartier chic de la capitale. Des parisiens se trouvent aussi dans la foule, qui compte près d’une centaine de personnes.

« On est ici pour obtenir la vérité et la justice pour un citoyen, comme pour n’importe quel citoyen » Bilel, le frère aîné de Yacine, prend la parole face à ceux venus soutenir la demande de clarification sur les circonstances de la mort du jeune homme de 24 ans. Depuis l’annonce du décès, les doutes ne cessent de grandir sur la version officielle. Et l’attente des résultats de la contre-expertise réalisée depuis plusieurs semaines alimente la suspicion.

Si le premier rapport toxicologique à conclut à une mort compatible avec une overdose, pour la famille, la conduite de l’enquête pose question. Notamment la mise à l’écart de la piste criminelle « Yacine a été retrouvé avec des hématomes des deux côtés du visage. Il avait également le pantalon baissé et une barre de fer sous le corps. Comment conclure à une overdose ? » Se désespère toujours de comprendre Bilel.

« Comment est-ce possible en France, de laisser une famille en deuil pendant deux mois, et ne même pas leur donner le rapport d’autopsie ? » Intervient Hadama Traoré, du mouvement « la révolution est en marche ». « Normalement la famille doit faire son deuil, elle doit se reconstruire. Imaginez pendant deux mois, toutes vos discussions à la maison tournent autour de ça ».

Un questionnement qui trouve ses réponses dans les origines populaires de la famille pour ce militant trentenaire « Voilà la France de la justice à deux vitesses. A un moment donné faut qu’on se réveille. Nous ne sommes pas des moins que rien. Nous sommes des citoyens français à part entière.»

Pendant le rassemblement, un militant du collectif « justice pour Adama » se fait interpeller. La raison donnée par les forces de l’ordre « défaut de présentation d’un titre d’identité ». « En aurait-il été de même s’il avait été blond aux yeux bleus ? » Interroge la sœur de Yacine ? Deux jours plus tôt, ce militant donnait une conférence à Sciences Po sur les quartiers populaires aux côtés de plusieurs organisations actives sur le terrain. Revenant sur les luttes de leurs aînés, et celles actuelles. La jeune fille y avait également été invitée. La solidarité est de mise entre quartiers.

Depuis mi-octobre, la famille de Yacine a été épaulée par plusieurs collectifs dont elle salue le travail. Avec leurs conseils, ils ont organisé leur combat : leur page Facebook compte plus de 6000 abonnés et les mobilisations se succèdent pour donner de l’écho à leurs démarches juridiques. Dans l’attente de résultats, le corps du jeune homme se trouve toujours à l’institut médicolégal. Pour tenter de faire avancer la procédure judiciaire, la famille annonçait le lendemain du rassemblement camper devant le tribunal de Bobigny jusqu’à obtention du rapport de l’autopsie.

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